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[INTERVIEW] BioSerenity, Champion 2018/2019 du Pôle Systematic Paris-Region

Publié le 26 octobre 2018

Des vêtements intelligents pour le suivi médical à domicile.

Un vêtement intelligent qui mesure des paramètres biomédicaux et transmet les résultats au médecin via une plateforme de télémédecine : c’est avec ce dispositif que BioSerenity va permettre à des patients d’être suivis à domicile, sur de longues durées et à moindre coût. Leur premier produit commercialisé, un tee shirt qui réalise un électrocardiogramme, vient d’être lancé. Un autre produit, pour la prise en charge de l’épilepsie, est en phase de validation clinique. Une révolution dans la médecine de spécialités, comme l’explique Samir Medjebar, directeur Business Development de BioSerenity.

D’où est venue l’idée de créer ces instruments de diagnostic « wearable » ?

Samir Medjebar :  Le fondateur de BioSerenity, Pierre-Yves Frouin, qui travaillait dans le domaine des dispositifs médicaux, avait remarqué les difficultés de prise en charge de patients atteints de maladies neurologiques. C’est particulièrement vrai pour l’épilepsie : de nombreux patients doivent attendre longtemps un véritable diagnostic, faute de moyens d’examens. D’où l’idée de développer des instruments de diagnostic et de suivi médical « wearable », dont le patient peut lui-même s’équiper, et des solutions de transmissions via des plateformes de télémédecine. L’objectif est d’offrir une véritable solution de prise en charge aux patients, tout en réduisant son coût puisqu’on élimine les frais d’hospitalisation et de transports. BioSerenity, qui a démarré au sein de l’incubateur de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) – et qui est toujours hébergé à l’ICM- a donc été fondé en 2014 pour développer et commercialiser un premier instrument de diagnostic à domicile dédié à l’épilepsie : le Neuronaute. Ce dispositif, composé d’un tee-shirt et d’un bonnet équipés de multiples capteurs, est aujourd’hui en phase de validation clinique.

L’idée de l’instrument « wearable » a depuis fait son chemin, et d’autres domaines sont concernés…

En effet, puisque le CardioSkin, un tee-shirt dédié cette fois à la surveillance cardiaque (il réalise un électrocardiogramme), vient même d’être lancé sur le marché, par le laboratoire Servier avec lesquels nous avons un accord de distribution pour ce produit. Par la suite, nous prévoyons de lancer un dispositif axé sur les troubles du sommeil, et d’autres systèmes de suivi médical à domicile sont prévus, notamment en urologie et obstétrique.

Comment comptez-vous développer ce nouveau marché ?

Nos clients sont les hôpitaux et les médecins libéraux. Nos dispositifs ne réalisent pas seulement une mesure technique : ils doivent s’inscrire dans un parcours de soin, et c’est pourquoi nous associons des médecins au développement de nos produits. Par ailleurs, pour aller plus vite sur des marchés internationaux, nous souhaitons multiplier les partenariats de distribution avec des grands groupes du secteur, comme celui que nous avons signé avec Servier en 2016 sur le CardioSkin.

Où vos produits sont-ils fabriqués ?

En France. Nous avons notre propre usine, près de Troyes, qui fabrique des vêtements connectés. Nous considérons que c’est indispensable pour garantir des cycles de développement courts, et finalement assurer notre croissance. On ne pourrait pas être aussi réactifs si l’on travaillait avec un sous-traitant en Chine … Aujourd’hui nous produisons des milliers de CardioSkin dans cette usine, ainsi que de petites séries de Neuronaute pour les essais cliniques en cours.

Comment vous voyez-vous dans 3 à 5 ans ?

Nous vivons actuellement une étape clé de notre montée en puissance. Nous avons levé 15 millions d’euros en 2017 pour financer notre développement. Nous étions 60 personnes au début de 2017, et nous sommes 130 aujourd’hui… D’ici 3 à 5 ans, on peut estimer que la télémédecine de spécialités sera largement diffusée dans toute la France. Et à cette échéance, Bioserenity devrait être une entreprise qui réalise plus de la moitié de ses ventes à l’international.

Un conseil pour une start-up ?

Il ne faut pas hésiter à bien s’entourer d’experts, d’entrepreneurs expérimentés, de financiers. Même si cela peut sembler intimidant, et même si cela coûte cher… En particulier, il faut parler très tôt avec des investisseurs, pas seulement quand on commence à envisager à une levée de fonds !

Plus d’informations

Visitez le site internet de BioSerenity

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