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La ministre des Armées annonce la création d’une Agence de l’innovation de défense

Publié le 1 juin 2018

La ministre des Armées, Florence Parly, souhaite accélérer la transformation numérique de la défense nationale grâce à une future agence de l’innovation. La loi de programmation militaire prévoit un budget d’1 milliard d’euros par an à partir de 2022.

L’initiative part d’un constat : la recherche civile se développe plus vite que la recherche militaire. En conséquence, la ministre des Armées, Florence Parly, vient de lancer un plan ambitieux de transformation numérique des forces françaises.

A lire, notre article : La ministre des Armées à la rencontre du Pôle Systematic Paris-Region

La loi de programmation militaire placera désormais l’innovation de rupture au cœur de la transformation et de la modernisation du ministère et prévoit à ce titre un budget d’1 Mrd d’€ par an à partir de 2022. Ce budget s’élevait jusqu’ici à 750 M d’€.

A lire, notre article : 13 PME innovantes présentées par Systematic à la DGA et aux Grands Groupes

Photo visite ministre Florence Plazy nano Innov

La ministre des Armées, Florence Parly, aux côtés, notamment, du Président de Systematic Paris-Region, Jean-Luc Beylat, le 19 septembre 2017, sur le plateau scientifique et technologique de Paris-Saclay @ 2017 Christian Fournier (Prisedevue.com)

 

La création d’une nouvelle agence est destinée à dynamiser l’innovation de défense, soit la Direction Générale de l’Armement (DGA), le Centre de recherche en aéronautique et défense de l’Onera, les industriels (AIRBUS, Dassault Aviation, Naval Group, MBDA, Nexter, Thales,…).

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Dans une interview accordée à L’Usine Nouvelle, la ministre des Armées, Florence Parly a justifié la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie :

« Dans un contexte où les conflits se durcissent, il faut absolument préserver la supériorité technologique acquise par nos armées. La course au réarmement est enclenchée. Il n’y a qu’à voir la hausse significative des budgets militaires dans le monde. Par ailleurs, des technologies extrêmement avancées et sophistiquées qui étaient il y a cinquante ans l’apanage de quelques très rares nations, comme les ­avions de chasse de très hautes performances, se diffusent largement. À l’autre bout du spectre, il est désormais possible, avec peu d’argent et des savoir-faire disponibles dans le grand public, de transformer un équipement que l’on peut trouver dans le commerce en une arme de guerre ou en un instrument de mort. Notre effort soutenu en matière de recherche et de technologies tient compte de ce contexte.»

« L’agence sera financée grâce aux budgets prévus dans la loi de programmation militaire. Elle s’appuiera sur des outils connus : les études amont, les études des programmes structurants au cours des sept prochaines années, les financements consacrés au domaine cyber (1,6 milliard d’euros). Le montant des études amont va passer de 730 millions en 2018 à 1 milliard d’euros à compter de 2022, soit une progression de plus d’un tiers », a poursuivi la ministre.

Plan Action PME

Pour mieux répondre aux attentes exprimées par les entreprises, Florence Parly a dévoilé son plan Action PME qui s’adresse à toutes les startup, PME et ETI innovantes qui souhaitent contribuer à la réussite de nos Armées. Le ministère entend tirer parti des atouts considérables dont disposent les PME et ETI en termes de créativité et de réactivité.

Compte tenu de l’effort budgétaire prévu par le projet de loi de programmation militaire 2019-2025, ce sont environ 40 Mrds d’€ qui seront ainsi dépensés auprès des PME et ETI sur toute la durée de cette loi de programmation militaire. L’ensemble des dispositifs directs de soutien aux PME et notamment de soutien à l’innovation, qui représente actuellement de l’ordre de 80 M€ annuels, passera alors à 110 M d’€ annuels dans la prochaine loi de programmation militaire.

Action PME apporte des réponses concrètes aux attentes exprimées par les PME et les ETI en matière d’accès aux marchés du ministère des Armées, de simplification des procédures, de financement, d’exportation et de coopération européenne. Il mobilise l’ensemble des services du ministère et couvre à la fois les domaines de l’armement (acquisition des équipements, maintien en condition opérationnelle) et hors armement (soutien de l’homme, énergie, infrastructure, santé, numérique…).

>> Retrouvez les 21 engagements d’Action PME (en pdf)

Action PME vise à associer les start-up, PME et ETI au défi du temps court et de l’adaptation aux nouvelles menaces. Il a en particulier pour ambition de soutenir et expérimenter plus rapidement leurs innovations. Action PME veillera à ce que les grands groupes titulaires des marchés de défense soient exemplaires dans leur relation contractuelle avec les PME sous-traitantes. Action PME prévoit également l’attribution d’un label « utilisé par les Armées françaises » aux PME et ETI qui contribuent à l’équipement et au soutien des Armées. Ce label constituera une marque de crédibilité à l’export pour les entreprises françaises de défense.

En parallèle, Definvest, le fonds géré par Bpifrance pour le compte du ministère des Armées, vient d’annoncer son premier investissement au sein de la PME Kalray, spécialisée dans les microprocesseurs.

Lire notre article : Le ministère des Armées investit au capital de Kalray.

Pour rappel, Definvest a pour vocation de prendre des participations au capital des pépites technologiques du secteur de la Défense, aux côtés d’investisseurs financiers et industriels. L’objectif est de permettre à ces entreprises de se développer en toute autonomie grâce à l’augmentation de leurs fonds propres.

Les dépenses militaires dans le monde n’ont jamais été aussi élevées : les pays ont dépensé 1 739 Mrds de dollars en 2017.