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Philippe Duluc, #YourExpert décrypte pour nous le rapport de Paula Forteza !

Publié le 5 février 2020

Bonjour Philippe, vous êtes CTO big data & security d’Atos et Président du Hub Digital Engineering du Pôle Systematic. Quel est l’impact du Pôle au sein de l’écosystème du Quantique ?

Dès la rédaction de sa feuille de route pour la Phase IV des pôles de compétitivité, Systematic a intégré le Quantique au cœur de son plan d’action. En effet, le phénomène du quantique concerne les technologies structurantes portées par 3 des 6 Hubs technologiques du Pôle

  • Pour le Hub Digital Engineering, le calcul quantique s’inscrit dans l’évolution du HPC (High Performance Computing).
  • Pour le Hub Cybersécurité, la partie cryptographique du post quantique a tout son sens dans la finalité première de la cybersécurité, il est donc logique que le hub s’empare du sujet !
  • Pour le Hub Optics et Photonics, la photonique étant une des sources possibles de Qubit, le lien avec le quantique est simplement évident. 

Les grands groupes, PME et start-up membres du Pôle et impliqués dans le quantique sont notamment Atos, Quandela, Pasqal, et Ligthon. Nous en espérons beaucoup d’autres…

Vous l’avez compris, les technos quantiques ont leur place dans ces 3 Hubs, la démarche de Systematic n’est pas opportuniste, elle s’inscrit depuis plusieurs années déjà dans une approche de fond et ne fait aujourd’hui que se déployer davantage.

Quels sont selon vous, les points essentiels et déterminants du rapport Forteza pour le Quantique ?

Deux directions du calcul quantique se dégagent plus particulièrement : 

  • L’importance du LSQ (Large Scale Quantum) : ce sont des calculateurs quantiques de plusieurs milliers si ce n’est de millions de qubits traités par des codes de correction d’erreur ;
  • Les accélérateurs NISQ (Noisy Intermediate-Scale Quantum) qui vont arriver d’ici 2 à 3 ans. Ce sont des équipements qui vont permettre d’accélérer certains calculs dans un contexte de HPC hybride.

Le rapport liste au total 37 propositions, qui sont autant de belles perspectives pour le quantum ! Nous attendons maintenant les retours du gouvernement pour la mise en place d’une task-force chargée de répondre à ces inputs et de développer la roadmap nationale.

Il est étudié d’investir dans deux directions :

  • Le LSQ silicium : c’est un volet industriel lié aux semi-conducteurs porté par le CEA LETI, qui permettrait d’envisager une nouvelle industrie, s’appuyant sur une expertise française solide. 
  • Le NISQ hardware et software : indispensable pour aller plus vite et dépasser le stade du hardware. 

En conclusion, le rapport de Paula Forteza nous ouvre de belles perspectives pour le déploiement d’une industrie du quantique couplée à un marché qui trouvera ses marques et sa pertinence grâce au développement d’applications software.