L’Enjeu Société est fier de compter l’AP-HP au sein de son Copil.
C’est donc tout naturellement que Systematic se réjouit d’annoncer un nouveau succès de son adhérent !
En effet, coordonnés par la Fondation Médecins Sans Frontières, des chercheurs et des ingénieurs de l’Université d’Évry, du CEA, du CNRS et du service de bactériologie et virologie de l’hôpital Henri-Mondor AP-HP ont développé une application mobile capable de faciliter le diagnostic de l’antibiorésistance, enjeu majeur de santé publique.

L’antibiorésistance, enjeu majeur de santé publique

La résistance croissante de microorganismes aux antibiotiques est en passe de devenir la première cause de mortalité au monde devant les cancers. Elle représente, selon l’OMS, l’un des grands défis sanitaires du XXIe siècle.
Si dans les pays industrialisés, l’identification de l’antibiorésistance est facilitée par l’utilisation d’automates pour la lecture et l’interprétation des antibiogrammes, cela s’avère bien plus difficile dans les pays en voie de développement. En effet, faute d’accès à des laboratoires de diagnostic d’infection bactérienne, il y est compliqué, pour un clinicien, de prescrire les molécules adaptées, efficaces à la fois pour le traitement du patient et contre la prolifération des bactéries résistantes.

Une application mobile pour faciliter le diagnostic de l’antibiorésistance

Face à ce constat dressé après plusieurs années sur le terrain par Nada Malou, référente microbiologie MSF, Amin Madoui, chercheur CEA au laboratoire Génomique Métabolique du Genoscope (CEA/CNRS/Université d’Évry, site de Genopole), propose, pour répondre à cette problématique, de créer une application capable de traiter efficacement un antibiogramme sur un smartphone.

La Fondation MSF y voit une solution technologique innovante. En 2018, elle rassemble une équipe de scientifiques du laboratoire Génomique Métabolique du Genoscope (CEA/CNRS/Université d’Évry), du Laboratoire de mathématiques et modélisation d’Évry (CNRS/Université d’Évry, site de Genopole), du service de bactériologie de l’hôpital Henri Mondor (AP-HP) et de MSF pour développer un outil en open source, destiné aux professionnels de santé à l’échelle mondiale, capable de réaliser l’analyse et l’interprétation des antibiogrammes.
Ce projet collaboratif aboutit : l’application est conçue et des essais de deep learning sont réalisés pour en améliorer les performances en matière de reconnaissance d’écriture (l’algorithme reconnaît tous les noms d’antibiotiques).

L’IA au service du clinicien

Cette application fonctionne sans connexion internet (point essentiel pour une utilisation dans des pays à faibles ressources). Combinant des algorithmes originaux basés sur le machine learning et le traitement d’image, la procédure de mesure est entièrement automatique et atteint un très haut niveau de fiabilité (98% de concordance avec la mesure manuelle, la plus sûre à ce jour). Intuitive, il suffit de télécharger l’application sur un smartphone puis de prendre des photos de l’antibiogramme (via l’appareil photo du smartphone). L’utilisateur est guidé tout au long de l’analyse, a la possibilité de vérifier et corriger les mesures automatiques si nécessaire. Le résultat obtenu peut directement être exploité par le clinicien.

Prochaines étapes

En 2021, MSF est en cours d’évaluation des performances cliniques de cette application dans trois pays.
L’objectif : adapter cette solution aux environnements à ressources limitées dans lesquels MSF opère et la déployer dans ses laboratoires d’ici la fin 2021.
Cette application sera utilisable gratuitement, partout dans le monde, par les personnels de santé après sa validation clinique et l’obtention de la certification CE.

Les résultats démontrant la faisabilité technique d’une telle application font l’objet d’une publication dans la revue Nature Communications, le 19 février 2021.

L'AP-HP

Premier centre hospitalier et universitaire (CHU) d’Europe, l’AP-HP et ses 39 hôpitaux sont organisés en six groupements hospitalo-universitaires (AP-HP. Centre – Université de Paris ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Nord – Université de Paris ; AP-HP. Université Paris Saclay ; AP-HP. Hôpitaux Universitaires Henri Mondor et AP-HP. Hôpitaux Universitaires Paris Seine-Saint-Denis) et s’articulent autour de cinq universités franciliennes. Etroitement liée aux grands organismes de recherche, l’AP-HP compte trois instituts hospitalo-universitaires d’envergure mondiale (ICM, ICAN, IMAGINE) et le plus grand entrepôt de données de santé (EDS) français. Acteur majeur de la recherche appliquée et de l’innovation en santé, l’AP-HP détient un portefeuille de 650 brevets actifs, ses cliniciens chercheurs signent chaque année près de 9000 publications scientifiques et plus de 4000 projets de recherche sont aujourd’hui en cours de développement, tous promoteurs confondus. L’AP-HP a obtenu en 2020 le label Institut Carnot, qui récompense la qualité de la recherche partenariale : le Carnot@AP-HP propose aux acteurs industriels des solutions en recherche appliquée et clinique dans le domaine de la santé. L’AP-HP a également créé en 2015 la Fondation de l’AP-HP pour la Recherche afin de soutenir la recherche biomédicale et en santé menée dans l’ensemble de ses hôpitaux.